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L'Enfant prodigue: Comédie Details

Extrait : "RONDON : Mon triste ami, mon cher et vieux voisin, Que de bon cœur j'oublierai ton chagrin ! Que je rirai ! Quel plaisir ! Que ma fille Va ranimer ta dolente famille ! Mais mons ton fils, le sieur de Fierenfat, Me semble avoir un procédé bien plat. EUPHÉMON : Quoi donc ? RONDON : Tout fier de sa magistrature, Il fait l'amour avec poids et mesure. Adolescent qui s'érige en barbon, Jeune écolier qui vous parle en Caton, Est, à mon sens, un animal bernable ; ..."À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARANLes éditions LIGARAN proposent des versions numériques de qualité de grands livres de la littérature classique mais également des livres rares en partenariat avec la BNF. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes. LIGARAN propose des grands classiques dans les domaines suivants : • Livres rares• Livres libertins• Livres d'Histoire• Poésies• Première guerre mondiale• Jeunesse• Policier

Reviews

Voltaire est un obsédé de la Bible et de la religion chrétienne qu??il n??arrête pas de réécrire dans ce qu??il considère sa pureté car les hommes n??ont selon lui jamais fait qu??abuser de cette religion divine, la pervertir, la vilipender. Pour lui la religion chrétienne ?? mais surtout pas la juive et encore moins la musulmane ?? est la seule religion vraie avec le seul dieu unique vrai. Il se veut tolérant pour les autres à condition que les autres respectent la loi de l???tat, de la majorité et les souverains qui règnent sur notre bien commun qu??est la patrie. Cependant le terme et le concept de citoyen sont totalement marginaux dans une vision politique qui fait que nous sommes les sujets de nos souverains et que nous n??avons aucun droit de rébellion, de soulèvement, de mouvement de masse. Seule la raison des philosophes peut éclairer ces souverains et permettre ainsi l??évolution de la société et des m?urs dans le bon sens qui est essentiellement vu comme un adoucissement.Ce décor étant planté la réécriture de cette parabole biblique est des plus touchante.Fini le travail et le labeur qui a permis l??accumulation de biens dans la famille, une seule famille. On a deux familles, toutes les deux richement dotées de biens, de terres ou simplement de liquidités. Quant à savoir l??activité qu??ils peuvent bien faire, nenni, pas chez Voltaire. Mais le fils prodigue qui revient ne sera pas reçu par le festin du cochon (pas cachère) ou du veau (bien cachère) que l??on tue, car dans cette maison il n??y a pas de cochon ni de veau (adieu veau, vache, cochon, couvée?) qu??on élève et qu??on engraisse. Alors il ne pourra être reçu que par la livraison d??un banquet par quelque traiteur de cour si possible venu de la grande ville en fiacre.Deux familles, avec deux fils d??un côté et une fille de l??autre. Des deux fils l??aîné est le fils prodigue qui bien qu??amoureux de la voisine casse tout pour aller semer son ivraie dans des terres sauvages, pour aller s??enivrer d??alcools et d??amours tout aussi sauvages, toutes aussi sauvages. Les deux pères, notons qu??il n??y a pas de mères, syndrome courant chez Voltaire semble-t-il, comme celui d??un fils et d??une fille à marier à toutes les sauces même le smoins sacrées, decident de marier l??un son fils cadet doté d??un droit d??aînesse par défaut de l??aîné réel, et l??autre sa fille qui n??aime absolument pas ce fils cadet fait aîné, surtout qu??il est de noblesse de robe, il est président de je ne sais quelle cour de justice ou parlement à Angoulème ou quelque part dans cette région, entre Bordeaux et Cognac. Er en plus il est un fat jusques et y compris dans son nom qu??il porte fièrement puisque c??est Fierenfat.Bien obligée d??obéir elle rate cependant le coche juste à temps, une heure avant les noces, parce que le vrai aîné débarque avec un confrère de misère ancien valet pour prendre du service chez l??un ou l??autre des deux pères. Reconnaissance, ébullience, effervescence, excitation et révolution. La fille retombe amoureuse du vrai aîné contrit et repenti. Le cadet repassé d??aîné à cadet en est tout confus et contusionné et tout finit pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les deux pauvres hères qui arrivent errants dans cette ville de province avaient même envisagé de redevenir des paysans et de gagner leur pain à la sueur de leur front et à la force de leurs poignets en cultivant non pas leur jardin puisqu??ils n??avaient rien, mais les champs de quelque hobereau ou seigneur plus ou moins féodal. Candide toujours à fleur de peau.« Vois-tu d??ici ces gens dont la fortuneEst dans leur bras ; qui, la bèche à la main,Le dos courbé, retournent ce jardin ?Enrôlons-nous parmi cette canaille ;Viens avec eux, imite-les, travaille,Gagne ta vie. » dit Jasmin, le valet abandonné.Et Euphémon-fils, le cadet ruiné, amplifiera immédiatement la « canaille » en « ces vils humains, moins hommes qu??animaux ». Qui peut dans le domaine du mépris social dire plus ?Mais ne croyez pas que tout cela est gratuit. La philosophie parfois perverse de Voltaire suinte entre certains vers qu??il dit de cinq pieds alors qu??ils sont de dix syllabes, comme par exemple :« Oui je suis las de tourmenter ma vie,De vivre errant et damné comme un juif ; » dit Jasmin, encore lui.Et surtout sans majuscule sur Juif, et ça c??est Voltaire ou les imprimeurs de son temps.Est-ce que cette réécriture mélodramatique à fin heureuse et donc dramati-certainement-pas-tragi-comique de la parabole biblique apporte quoi que ce soit ? J??en doute fort et ce ne serait même pas du bon boulevard même dans les théâtres de poche de Montparnasse et même en considérant la veuve éconduite qui court après le Président du parlement de Cognac. A quand la réécriture de la Nativité en comptant et décrivant les contractions de la pauvre Marie ? Surtout que dans ce domaine des mariages de convenances et de profits Molière a déjà donné et beaucoup mieux.Dr Jacques COULARDEAU